Mes lectures

C’est le cœur qui lâche en dernier, Margaret Atwood

Robert Laffont, 2017
450 pages
roman, anticipation, dystopie, pauvreté, sexe, amour, prison

Charmaine et Stan sont victimes de la crise économique et sont contraint de dormir dans leur voiture. Ainsi lorsqu’ils découvrent qu’il existe une ville où l’on promet à chacun un toit et un travail, ils signent sans se poser de question. Effectivement, à Consilience, chacun a un travail et une maison mais seulement un mois sur deux, le reste du temps, ils le passent en prison, mais ils sont également logés et nourris. Un jour Stan va tomber sur un mot de celle qui vit chez lui quand lui est en prison et qui va le rendre fou de désir.

J’ai beaucoup apprécié cette lecture qui pose beaucoup de questions et nous fait réfléchir sur des questions tant personnelles que de société. J’ai découvert Margaret Atwood à l’université en étudiant Moral Disorder et des extraits de La servante écarlate et j’avais beaucoup aimé son style et sa façon de dépeindre les gens et la société. C’est donc avec plaisir que je la retrouve dans son dernier roman et je remercie sincèrement Netgalley et les éditions Robert Laffont pour ce service presse.

J’ai aimé :

  • le style de l’auteur vif et incisif qui pose des questions de société et fait s’interroger son lecteur. Dans ce livre, la société que Margaret Atwood crée et qui vit à Consilience me fait penser à un mélange des films The Truman Show et de la bonne société d’Edward aux mains d’argent. Le premier pour des raisons évidentes : un ville factice et très ordonnée, truffée de micros et de caméras pour contrôler tout ce qui s’y passe. Le second pour le côté ordonné également avec les gens qui ont les mêmes voitures et maisons aux couleurs pastelles dans le film et qui sortent tous en même temps, à heure fixe pour aller travailler tous les jours : ici les protagonistes partagent une maison standard avec un autre couple un mois sur deux et ont des casiers de couleurs (rouge et vert pour les hommes et rose et pourpre pour les femmes) et des scooters bicolores assortis ; et ils entrent et sortent de prisons à jour réguliers, sinon vont travailler et suivent une routine.
    La question de société qui est posée est de savoir que choisir entre liberté et sécurité ? Les protagonistes sont libres à l’extérieur de Consilience mais n’ont rien, dorment dans leur voiture et ont toujours peur qu’il arrive quelque chose. La vie qu’on leur propose dans cette ville est plus simple et surtout beaucoup plus sécurisante : une maison et un travail qui leur garanti de pouvoir manger à leur faim, et même si une partie de leur temps devra être passé en prison, il n’en reste pas moins qu’ils auront un toit, un lit et de la nourriture. Cependant, accepter d’y vivre signifie s’y engager pour toujours et ne pas pouvoir changer d’avis et sortir ; renoncer à sa liberté donc.
    Il y a également d’autres questions que soulève cette histoire mais je préfère ne pas les évoquer pour ne pas spoiler car on ne les découvre pas au tout début du livre.
  • les protagonistes car même si l’on est dans un roman d’anticipation, ils sont vraiment décrit de façon très réaliste et peuvent ressembler à beaucoup de personnes. Ils sont perdus et tout ce qui leur est arrivé est à la fois difficile et criant de vérité, plein de justesse. La crise économique frappe ce couple de plein fouet : le mari perd son emploi car son entreprise à été restructurée et délocalisée, la femme fini par perdre le sien car il y a eu rachat et elle est licenciée. Les traites ne peuvent plus être payées et leur maison leur est reprise, ils finissent par vivre dans leur voiture et se nourrissent comme ils peuvent grâce au salaire de serveuse et aux pourboires de la femme. Ils n’ont vraiment pas de chance et on se demande comment ils peuvent accumuler autant de malheur. En même temps l’auteure a une façon de nous raconter leur histoire et de les décrire qui fait que je ne me suis jamais dit : non mais là c’est trop c’est pas possible.
  • la vie de couple qui est décrite qui est aussi très juste. La routine, le besoin de quelque chose que l’autre ne peut donner, l’envie d’autre chose et le désir, tout cela est vraiment très bien abordé. Les questions que cela soulève : que choisir ? doit on se contenter de ce que l’on a ? De quoi a t-on réellement besoin ?
  • une certaine forme de suspens à la manière d’un thriller. En effet, dans ce livre je me suis demandé où l’on allait au départ puis j’ai eu l’impression de le savoir mais l’auteure m’a fait faire des aller retours entre mes suppositions et ce qui se passe réellement, ce qui fait que je ne devinais jamais vraiment où elle nous emmène.

Un roman que j’ai beaucoup apprécié, qui est dystopique et en temps pas tant que ça… Il pose des questions de société actuelles et très intéressantes. Je me suis vraiment laissée emporter par ce livre et j’avais vraiment envie de découvrir comment cela allait finir.

Connaissez-vous ce livre ? Avez-vous déjà lu du Margaret Atwood ? N’hésitez pas à me laisser vos impressions en commentaire.
Je vous souhaite de belles lectures 🙂

13 réflexions au sujet de « C’est le cœur qui lâche en dernier, Margaret Atwood »

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